31. « A cœur ouvert... »
................................................................................................................................
15/04/2009
31. « A cœur ouvert... »
L'abbé me demanda de nous dégager un passage dans le fouillis végétal qui cernait le bas de la porte. Il s'agissait de mettre à jour un escalier taillé dans le sol et dont les marches étaient couvertes de dalles semblables à celles qui conduisaient au Presbytère. Le bâton d'aubépine me fut précieux pour fouailler les branches récalcitrantes et, alors, nous pûmes découvrir l'entrée d'une tranchée souterraine secrète que le vieux résistant avait choisi de me révéler.
Poussé par la curiosité, je souhaitai m'engager plus avant sous terre. Un souffle tiède sentant le bois moisi traversait la nuit abyssale du lieu. Il m'oppressa. Instinctivement, je bloquai ma respiration et fixai ma pensée sur le point situé entre mes deux sourcils comme j'en avais pris l'habitude pour dissuader
Quand l'abbé DREUBOIS ouvrit sa lampe électrique, je me trouvais dans une galerie étroite entièrement étayée de bois de mine, d'une hauteur correspondant à celle d'un homme de taille moyenne. Ce tunnel, dont je devinais au loin la sortie, ressemblait à
L'abbé ne fut pas surpris quand je lui dis que le silence, l'obscurité et l'odeur du bois humide envahi de champignons avaient ravivé ces peurs d'enfant imprimées dans mon être par les bombardements qui nous précipitaient vers
« Je peux te le dire, maintenant, puisque tu es dans notre secret, c'est ton grand-père qui a été le principal artisan de ce tunnel. Après avoir obtenu l'accord des instances dirigeantes de
Quand nous sortîmes du tunnel, nous avions remonté /JAN.N/ BLANC sous terre sur plusieurs centaines de mètres pour déboucher face à /ch'l'ébrék/, un passage quasi invisible du chemin habituellement emprunté par les attelages qui montaient vers LES COCHONS. L'abbé souhaita se reposer pour...« franchir LE GOLGOTHA ...»
Il choisit /in.n/ souche /èd seu/ salix (une souche de saule salix) pour s'asseoir. Quand il eut calé son menton sur ses mains croisées sur son bâton d'aubépine, il me regarda intensément et je vis courir le friselis sur son visage, comme une onde. J'attendis calmement qu'il me parle « à cœur ouvert », maintenant que j'étais dans « le secret ».

Commentaires